La fin des pellicules ?

Samedi 22 mai 
Un parcours photographique à travers les années 80 au mac ? De quoi me shampooiner un peu les méninges... ou pas.

L’exposition Années 1980 Un parcours photographique qui s’achève au [mac] de Marseille soulève bien des questionnements, mais pas forcément ceux attendus par les organisateurs. L’art photographique a-t-il sa place dans la ville ? Et quelle place ? À quels endroits ? Dans quelles proportions ? Pour quel public ?

Depuis le 1er avril dernier et jusqu’à ce samedi 22 mai (l’exposition était prévue jusqu’au 23 mai, mais le personnel du musée est en grève ce jour-là), le grand public est invité à voir une sélection de photographies d’artistes contemporains majeurs des années 80 : Années 1980 Un parcours photographique.




Minimalisme et dépouillement
Le titre est séduisant, le livret de présentation aguicheur, l’exposition laisse un sentiment de frustration. « Regarder aujourd’hui des photographies produites il y a plus de vingt ans », la proposition était pourtant intéressante. Mais malgré les neuf grands noms présentés - Suzanne Lafont, Jean-Marc Bustamente, Dieter Appelt, John Coplans, Craigie Horsfield, Jean-Luc Moulène, Patrick Tosani et William Wegman- la démonstration ne prend pas. La sélection de photographies présentée est maigre, les œuvres ne sont pas toujours les plus représentatives du travail de chaque artiste, ne sont pas forcément les meilleures. La mise en place est propre, le lieu est lumineux et son dépouillement – volontaire ou non – laisse la part belle aux œuvres. Mais au bout du compte, la notion de parcours laisse perplexe. Et si le visiteur français a accès à de précieuses informations concernant les photographes, l’observateur étranger ne peut pas apprécier l’exposition dans sa globalité. Aucune traduction des commentaires en anglais ni dans aucune autre langue n’est en effet proposée. Manque de moyens, d’ambition ? Manque de cohérence en tout cas de la part d’un musée d’art contemporain. 

Photographie : un parcours du combattant 
Les passionnés de photographie pourront se consoler en partant à la recherche des divers minuscules lieux dédiés à cet art pourtant majeur, distillés dans les rues de Marseille. Parmi eux, on trouve l’atelier à l’origine de l’exposition Années 1980 Un parcours photographique : La Traverse / Les Ateliers de l’image dans le 2e mais aussi Vol de Nuits dans le 5e, Camayeux dans le 13e, l’atelier De Visu ou encore le laboratoire de photo professionnel Rétine Argentique dans le 6e. 
Mais pour découvrir les talents confirmés ou en devenir, il faut avoir l’œil, un bon plan de la ville et l’envie de déambuler dans des galeries qui ne sont en fait souvent que des atelier-bureaux. L’éclairage n’y est pas toujours adéquat et la visite se fait parfois au milieu de gens qui travaillent. C’est pourtant grâce à ces initiatives, le plus souvent associatives, que le huitième art garde aujourd’hui une petite place dans la ville. Mais visiblement, les moyens manquent. Les expositions de grande ampleur aussi. Pour les trouver, il faut aller à Sète, au rendez-vous photographique ImageSingulières qui se tient pour la deuxième année dans divers lieux de la ville jusqu’au 30 mai. Ou attendre le 3 juillet pour se délecter de la 41e édition des Rencontres Arles Photographie.



Article écrit pour www.marseillecapitale.fr et paru le 22 mai 2010 
www.marseillecapitale.fr/Photographie-un-parcours-du-combattant_a200.html