Sur les planches du théâtre du Gymnase, les comédiens de la compagnie Vol Plané donnent un coup de jeune à l'Avare de Molière et en font une comédie moderne décalée.
Les répliques de l'acte I s'enchaînent, ardues et monotones. Les comédiens évoluent sans conviction, les perruques passent de tête en tête. Le texte est d'origine bien que parfois raccourci.
Rappel des faits : Elise est éprise de Valère, son frère Cléante est quant à lui très attaché à Marianne que leur père Harpagon, pingre et mesquin, compte épouser.
Fin du premier acte : Harpagon propose une pause musicale pour détendre l'atmosphère, les comédiens jettent leurs perruques, s'adressent aux techniciens, soufflent avant de se lancer dans le deuxième acte.
Puis tout va très vite, les répliques fusent, les anachronismes fleurissent, Valère demande aux spectateurs combien ils ont payé leur place, Cléante quémande un euro à une téléspectatrice pour s'acheter un café, un chanteur chevelu entonne un hymne à l'euro. Lorsque Valère se fait battre par Harpagon, c'est avec une frite en mousse jaune. Quand Harpagon donne un banquet, oranges, madeleines et bouteilles d'eau valsent dans le public et servent de munitions à une bataille improvisée sur scène.
De cocasseries en inventions burlesques, les cinq actes se déroulent sous nos yeux ahuris, jusqu'au deus ex machina final, matérialisé par un petit parachute venu du paradis. Les faux billets pleuvent. Le public rit. les ficelles sont grosses, la comédie populaire, les blagues grasses mais personne ne boude son plaisir. La farce n'a pas pris une ride.
L'Avare de Molière par la compagnie Vol Plané
Théâtre du Gymnase
